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【评论】JIANG Shan Qing Texte

2014-03-31 09:40:50 来源:艺术家提供作者:Lydia Harambourg
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JIANG Shanqing

  Jiang Shanqing poursuit un voyage initiatique sur l'espace vierge de la feuille ou de la toile. Le geste, alerte et s?r est sollicité par toute la tension du corps. Il accompagne sa pensée nourrie de la règle dont il conna?t les facultés fécondes mais aussi les limites qui fragilisent les assises d'un langage séculaire pour le laisser agir en toute liberté sans jamais rompre avec l'unité parfaite entre la main et l'esprit. C'est dans cette observance qu'il revendique l'héritage ancestral de la peinture à l'encre dont il ma?trise le maniement autant que la conduite et le contr?le du pinceau. Le peintre a très vite eu conscience de la pertinence de l'unique trait de pinceau qu'enseignait le grand ma?tre Shitao au XVIIe siècle et pour lequel " la calligraphie et la peinture, deux branches, issues de la même racine, exigent la même discipline et  technique ". L'une et l'autre rayonnent du même souffle  cosmique, avatar métaphorique qui participe de la connaissance de soi. Ecrire, dessiner, peindre convoquent la ma?trise du geste, sa vélocité aussi formative qu'imprévue et jubilatoire dans son inclination originelle à voler, à effleurer le papier avec une gr?ce légère et dansante, et non moins ferme dans son affirmation graphique. Remarqué pour ses dons précoces, Jiang Shanqing a très vite expérimenté les secrets des pratiques picturales et calligraphiques de sa Chine originelle auprès du ma?tre Qiang Juntao (Jiang Shanqing est aujourd'hui membre de la société des graveurs de sceau dont il est un des illustres représentants) en se dotant d'un territoire propre et d'un espace disponible à un répertoire distinctif.

  L'apprentissage l'a conduit vers un langage fusionnel dont la pratique syntaxique des formes et les connaissances philosophiques du peintre, la performance du geste dans le développement de ses postures, servent sa modernité. La vitalité de la Nature, aussi abstraits qu'en soient les motifs, se trouve toute entière exprimer dans un élan du signe. Dès ses premières ?uvres d'une maturité rapidement conquise, il tend à une communion avec l'infini. La pratique de son art s'exerce pour saisir l'essence de la Nature. L'expulsion du signe y plonge ses racines. La mémoire s'allie à l'improvisation foudroyante pour développer des circulations continues, ordonnées en résilles irrégulières à l'unisson des rythmes de l'univers. Des lacets, des pictogrammes sont émaillés de maculatures aux apparences évocatrices qui rendent caduques les frontières entre figuration et abstraction. L'inspiration paysagère est davantage suggestive qu'anecdotique. Pour chaque forme, un pinceau différent, adapté pour évoquer la feuille de lotus, la pointe de l'herbe, les branches d'un arbre, ses feuilles dont chaque nervure dessine un rhizome qui s'est déployé en architectures arachnéennes dans l'espace vertigineux que fait trembler un vide immense traversé du souffle universel. Un maillage vibrant pour des clairières lumineuses parsemées de touches colorées de tons vifs ou dilués révèle l'horizon illimité du fond. L'éblouissement na?t de l'errance du pinceau qui, sans renier le processus de la peinture chinoise, s'ouvre sur un monde neuf renouvelé au gré des variations fuguées, des reprises graphiques associées aux pigments déclinés dans des gammes infinies. S'agit-il de peindre le vide qui se crée entre les enlacements et les dédales linéaires soumis à des rebondissements non plus euclidiens mais ceux propres à la mystérieuse métrique poétique du peintre ?

 

  Les peintures récentes de Jiang Shanqing offrent la parfaite synthèse de la tradition et de la modernité, de l'intégration et de l'inventivité, de la délimitation et de la fièvre gestuelle sans jamais laisser croire au besoin d'en finir avec l'héritage du passé adapté à un présent qui n'investit pas la trace de la même charge spirituelle. Ainsi la lente préparation de la p?te à papier, l'emploi de papiers chinois dont il peint les fonds avec application pour une neutralité parfaite. Sur cette surface devenue espace plastique, au sens où Maurice Blanchot parlait d'espace littéraire, la spontanéité du geste impulse des lignes aux enroulements déliés ou resserrés, des boucles, des zébrures  rompues par des taches, des étendues moirées en harmonie d'esprit avec la Nature.

  Dans cette mise en condition de peindre un paysage intériorisé, le geste détermine toute orientation. Tout est relié par un souffle unique. Le sentiment artistique na?t de l'absence de formalisme endiguée par la vitalité originelle de la peinture. Elle seule peut exprimer l'essence interne des choses allusivement traduites par l'union du trait de pinceau et de l'encre. Tout s'ajuste en une harmonieuse osmose, formelle et spirituelle. Du fond se détachent les flexions rectilignes ou tremblées en noir et blanc, en couleurs sonores, qui réveillent des contrastes en faisant respirer les vides de la surface. Le peintre est un éveilleur du vide du " secret du monde " dont parle Roger Caillois, " un secret des choses qu'il faut extraire ".

  Jiang Shanqing y met toute son énergie vitale. Il est ma?tre de son langage. Sans enfreindre la règle essentielle, il déploie dans son propre espace un répertoire signalétique personnel. Réductible à aucun groupe, sans rejeter le passé, il peint la consistance immatérielle du monde animé par les valeurs humaines d'aujourd'hui.

Lydia Harambourg

Membre Correspondant de l'Institut

Académie des Beaux-Arts

Historienne Critique d'art

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